Tuesday, February 9, 2016

Nouveau Mexique (3) : From Tucumcari into the desert

Premiers pas après Tucumcari (je ne sais s'il faut encore dire plaine ou si l'on peut déjà dire désert). 




Douce route. Ne passez pas la ligne jaune (c'est presque pire que la verte).


Doux désert. Comme tu es sec ! 



Vous êtes ici. 



A chaque nuage correspond un buisson (reliez les points). 



Branches sèches avec leur végétation de nuages ou de vide. 



Route bicolore. Rencontre, mariage, couture du passé et du présent ? 



Bon, ça va, pas trop de risque. (En fait si, car il y a des averses.) 



Et au milieu de ce désert, de cette plaine sèche...



Une cabane en béton, murée de barbelés. 
La rumeur des tags est tout de même parvenue jusqu'ici, 
à moins qu'ils ne soient la signature d'abandon à l'oubli du propriétaire à son domaine.



Les carcasses de camions, comme les hippopotames d'Afrique, affalées dans les herbes. 



La rouille reprend aux carrosseries la couleur du ciel, pour leur rendre celle du sol. 



No trespassing, lecteur. 



Juste à côté, une route de fer traverse la route de bitume. 



Baissez la tête. 



Train, ne roule pas trop vite, tu risques de tomber dans le ciel. 



Saturday, February 6, 2016

Nouveau Mexique (2) : Tucumcari II


Tucumcari village



Un peu plus loin sur la Route que le motel, quelques maisons abandonnées où se rendent encore, allez savoir pourquoi, quelques Néomexicains dont les pick-ups sont garés sur cette photo. 



Maisons roses, que la poussière assombrit : résumé assez fidèle de ce pays. 



Les bâtiments enfoncés osent à peine émerger des herbes, pourtant peu foisonnantes. 



Jardin au milieu de rien. 



Comme les hommes, les maisons naissent et meurent. 
Celle-ci semble n'être encore que très âgée, car elle tient encore debout.



Certaines s'accrochent à la terre pour survivre... mais leurs murs ridés ne trompent pas ! 



Seuls les nuages sont d'une jeunesse toujours renouvelée. 



Wilkerson's, nous ne te connaissons pas, nous ne savons pas qui tu es, 
mais du haut d'Internet, nous avons une petite pensée pour toi. 



Peut-être les nuages et les maisons sont-ils frères et sœurs ? 



Là aussi il y a des McDonald. Et moi qui avais entendu dire que McDonald avait fondé son business non sur la nourriture, mais sur sa capacité à acheter les bâtiments les mieux situés. 



Une petite visite dans le passé, chez les voisins du McDo. 



Miroir qui s'éclate paisiblement dans le paysage. 



Barbier mexicain ? Boutique de route ? Cabane à jardin ? 



Désert fleuri. Nouveau Mexique. 



Le soleil était dans notre dos. 



Vue depuis les maisons : le désert du Nouveau Mexique.





Tuesday, February 2, 2016

Nouveau Mexique (1) : Tucumcari I


Un soir après la fin du monde


Ces passerelles qui servent de couloir dans les motels. 



Havre de lumière qu'est le parking dans la nuit. L'appareil lui-même en fut ébloui.



Ce panneau, c'est un peu comme la mer qu'on voit après une traversée du désert. 



Bienvenue ailleurs, de l'autre côté de la frontière texane. 



Tiens, ici les restaurants sont vides à 1h30 du matin 
(je m'étonne car ce n'est pas toujours le cas à Los Angeles).



Ah ah, les rattlers de Tucumcari. La preuve qu'ici aussi on fait du football américain. 
Faire seulement attention à l'endroit où l'on met les pieds. 



Puis cette Route qui nous emmène : regardez comme elle va vite ! 






Nouveau Mexique (66 – 26) : Un nouveau monde



     Tucumcari : autre ville, autre monde. Encore une ville qui n'en est pas une certes, mais la longueur du nom compense le petit nombre de maisons. Et puis voilà deux havres de paix, deux ports où reposer la voiture et remplir nos estomacs : Denny's, un de ces restaurants américains ouverts à toute heure du jour et de la nuit, qui donna son nom à notre voiture Denise, et le Motel 6 pour dormir. De cette partie de la journée hors de toute portion du temps calculée par l'heure des montres et des horloges humaines, je ne me souviens que de noir, de l'enseigne du Motel et du burger salade riche en avocats qui m'attendait dans une assiette. Sans doute était-ce un effet du rêve propre au Land of enchantment que se réclame le Nouveau Mexique. En tout cas, une chose semblait sûre : une nouvelle vie nous attendait après la fin du monde.

     Le Nouveau Mexique, une autre Route 66 qui commence. Le chanteur country traite sa guitare avec moins de mélancolie et plus de mystère; il laisse bercer sa voix par les trompettes, avec le regret de n'être pas lui-même mexicain, même s'il l'est presque devenu avec les rayons du soleil et l'oubli des hommes dont il bénéficie. Car le vrai Mexique, sans doute, ce n'est pas les plages et les night clubs de Playa del Carmen ou la cour de récréation sinistre de Tijuana (rappelez-vous la chanson de Manu Chao) : le vrai Mexique -et on en sent un écho, un vent ou une poussière d'odeur au Nouveau Mexique- ce sont les plaines arides, les vallons secs et les maisons basses – le calme, les cailloux, et, de temps en temps, un rapace dans le ciel bleu.

     Cette autre Route qu'ouvre le NM et qui dure jusqu'aux abords de la monstrueuse agglomération californienne, ce sont des couleurs vives dans les vêtements et le paysage, le pendant sec des hippies humides de San Francisco, une bohème américaine, les substances hallucinogènes cachées dans les motos du film Easy Rider (dont les rêves ont heureusement laissé une trace sur le paysage), le Bagdad Café. C'est une Route moins traditionnelle, ou alors d'une autre tradition, mais toujours aussi délicieusement grinçante de ses années 50 qui n'ont jamais réussi à partir, de son passé qui habite toujours inexorablement le présent – car sur les bords de la 66, le passé ne sait pas qu’il est passé ! il se croit encore chez lui dans le présent, qui n’est du reste qu’une idée bien vague au milieu du désert.





     Le matin, donc, réveil entre les murs du motel. Premiers rayons du soleil depuis la fin du monde. La vie naturelle semble avoir recommencé, mais nous ne savons plus d'où nous venons. Pourquoi sommes-nous ici, c'est-à-dire nulle part ? Ah oui, la Route 67, c’est ça ? Ah non, 69 ou 66. Mais où va cette route, déjà ? Ne sommes-nous pas tombés dans le piège d'Alice au pays des merveilles, perdue dans un songe plein d'erreurs logiques et de personnages surréels ? Depuis le balcon du motel (ou plutôt la passerelle qui mène aux chambres de l'étage et moins chère qu'un couloir parce que le vent la nettoie), la vue n'est pas là pour nous démentir : l'étrangeté du désert, rouge, pommelé de secs petits buissons verts, nous rappelle les couleurs et paysages d'un Magritte ou d'un Dali (n'est-ce pas de ces êtres étranges que le Créateur, le Grand Esprit du monde vénéré des Indiens, s'est inspiré pour peindre le désert du Nouveau Mexique ? ).

    Avant de partir, et pour nous remettre de ce bouillon soudain d'étrangeté, d'oddity dans la poussière et le son des flûtes, nous nous abandonnons à l'élément liquide : après avoir vérifié, par précaution, qu'il ne s'agit pas d'un mirage, nous nous glissons dans la piscine. La piscine : celle-ci est l'un des piliers du Motel 6, avec le minimal continental breakfast et la machine à glaçons qui retentit pendant la nuit – véritable institution américaine, je dirais mythe s'il appartenait au passé, mais je crois qu'on peut le soupçonner d'avoir surtout un long avenir. Quand Uber et Air BnB auront fini de conquérir la planète, les gens iront encore faire des road trips aux Etats-Unis pour dormir dans les Motels 6 et plonger dans une piscine au milieu des étendues de sable ou de rochers.

     Dans cette tentative de rafraîchissement, dans la joie de voir l'eau s'éclabousser dans la lumière après être tombée, la veille, dans une nuit précoce, nous croisons un jeune garçon américain, accompagné de sa single mother. Le pauvre vient d'Ocklahoma, il a bien raison de partir en vacances. A peine avons-nous le temps d'admirer avec un sourire son aplomb, son absence de timidité bien américaine et sa sympathie, que, du fond de l'élément liquide, nous entendons les appels de la Terre qui nous demande, nous réclame les caresses à grande vitesse de pneus que Denise, le quatrième personnage de ce voyage (ou plutôt le premier) sait si bien donner au bitume ou au béton qui chatouillent encore les plaines que veulent traverser les hommes, si possible sans s'y arrêter. 






Saturday, July 19, 2014

Coming soon...

Chers amis, chers lecteurs,

Comme vous l'avez peut-être vu, je ne suis plus très actif ces derniers temps : je vous laisse au milieu de la route, au Texas, dans la tempête et le désespoir, avec des goûts d'apocalypse, des stupeurs et des tremblements. Vous devez penser que c'est bien cruel de ma part. Ca l'est, en quelque sorte, mais je ne vous oublie pas : ça n'est que partie remise. En effet, je suis en train de finir la rédaction de mon mémoire sur les couleurs dans la philosophie épicurienne, ce qui prend quelque temps. Une fois cela, fini, c'est-à-dire aux environs de septembre, nous pourrons reprendre la route, et nous rendre ensemble jusqu'à Los Angeles, en Californie, et au-delà peut-être si vous le voulez bien (mais vous le valez bien). Je vous remercie d'avoir autant consulté les quelques pages de ce blog, espère que vous en avez tiré du plaisir, et vous dis à bientôt, pour la suite de nos aventures.

Cheers,

Victorien


Wednesday, June 11, 2014

Texas (8) : Apocalypse now


Oui, quelque chose nous attendait, après Vega. Oh, bien plus que quelque chose.



Voilà comment seront les derniers jours de cette terre.



Noé se souvient de jours semblables il y a bien longtemps.



En ce temps-là, il allait se réfugier sous les stations-service.



Il voyait les gouttes, les plocs, les grêlons liquides faire éclater le sol devenu eau.



Il tremblait devant l'arrivée de nuages après les nuages et le voilement du ciel, 
dont il avait oublié la couleur.



Le Midpoint café : milieu géométrique de la route 66 et un jour peut-être de ce blog. 



Noé est parti se construire une arche. Nous, pendant ce temps, nous attendons d'être noyés dans un déluge de flots infinis, à l'abri (mais pour combien de temps?) d'une station-service abandonnée.



Le ciel s'effondre.



La nuit rattrape le jour dans le ciel.



Pas d'espoir.



Tout s'effondre, sauf notre toit, dont vous voyez le dessus en bas de l'image.



Terre désolée de la fin du monde.



Mais tout de même, ambiance nightclub. 



Zzzzz...

Le monde s'est endormi.


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